L’industrie du transport, et en particulier celle des taxis, est au cœur d’une révolution technologique majeure avec l’émergence des véhicules autonomes. L’introduction de ces véhicules promet de redéfinir non seulement la manière dont les trajets urbains sont effectués, mais également la façon dont les modèles économiques, notamment ceux liés aux assurances, s’adaptent aux nouveaux défis. 

L’émergence des véhicules autonomes dans le secteur du taxi 

Des taxis autonomes déjà en fonctionnement aux États-Unis 

L’automatisation du transport dépasse désormais le stade de l’innovation théorique pour devenir une réalité concrète, en particulier en Amérique du Nord. Des entreprises comme Waymo et Tesla ont développé des prototypes de véhicules autonomes et ont lancé des expérimentations dans plusieurs grandes villes. Le secteur du taxi n’échappe pas à cette transformation : Uber a conclu en 2024 un partenariat avec Waymo, filiale de Google, afin de déployer ses taxis autonomes à Phoenix, Austin, Los Angeles et San Francisco.

Quel avenir pour les taxis autonomes en France ? 

Les véhicules autonomes sont classés du niveau 1 au niveau 5 selon leur degré d’autonomie. Les niveaux 1 à 3 nécessitent encore un conducteur, tandis que les niveaux 4 et 5 permettent une conduite totalement autonome.

En France, la conduite semi-autonome est autorisée depuis septembre 2022 dans le respect de la réglementation de l’ONU et sous certaines conditions, mais les véhicules entièrement autonomes (niveau 4 et 5) ne le sont pas encore. Il faudra donc patienter encore avant de pouvoir emprunter un taxi entièrement autonome en France.

Les enjeux assurantiels liés à l’introduction des véhicules autonomes

L’automatisation des taxis présente plusieurs atouts : réduction des coûts, amélioration de la sécurité et diminution des erreurs humaines, à l’origine de plus de 95 % des accidents. Bien que des systèmes d’aide à la conduite se généralisent dans les véhicules, les compagnies d’assurance ne sont pas encore prêtes à prendre en charge ces technologies. La mise en circulation de ces véhicules soulève alors des questions importantes sur la responsabilité en cas d’accident et les compagnies d’assurance doivent se préparer à cette évolution du secteur automobile. 

Vers une refonte des garanties 

Aujourd’hui, les assurances pour les taxis sont généralement structurées autour du conducteur, car c’est lui qui est responsable en cas d’accident. Mais avec les véhicules autonomes, la question se pose : qui sera responsable en cas d’accident ? Les assurances devront s’adapter à ce nouveau contexte en réévaluant leurs garanties en matière de couverture des risques : 

  • la responsabilité civile pourrait inclure des clauses relatives à la défaillance du logiciel ou du matériel du véhicule
  • les assurances devront prévoir des garanties en cas de cyberattaques, ces véhicules étant extrêmement connectés et susceptibles d’être piratés. 
  • les entreprises de taxi devront intégrer des assurances spécifiques pour la protection des passagers, mais aussi des données collectées par les véhicules autonomes.

L’ajustement des modèles de tarification à l’ère de l’automatisation

Les assureurs devront également adapter leurs tarifs, qui seront certainement influencés par la fréquence des incidents et la fiabilité des technologies utilisées dans ces véhicules. Une conduite autonome fiable pourrait réduire les primes d’assurance en raison de la baisse des risques d’accidents, tandis qu’une conduite autonome en phase de développement pourrait augmenter les coûts liés à des défaillances technologiques ou à des incidents liés aux algorithmes.

Des solutions apparaissent anticipant les évolutions du secteur

Dans l’attente de l’adoption généralisée des véhicules autonomes, les acteurs du secteur assurantiel commencent à réfléchir à des solutions pour répondre aux nouvelles attentes du marché et offrir une réponse appropriée en cas de déploiement de ces modèles. Trois possibilités semblent se profiler :

  • le constructeur pourrait être mis en cause en cas de défaut technique,
  • le propriétaire en cas de négligence, d’entretien ou d’erreur humaine,
  • le fournisseur technologique si l’origine du sinistre résulte d’une défaillance logicielle ou de traitement des données.

Certaines compagnies proposent déjà des assurances adaptées aux flottes de taxis autonomes, avec des couvertures spécifiques pour la technologie (pannes de capteurs ou des systèmes automatisés) et la cybersécurité. Le choix du constructeur et, plus spécifiquement, du modèle de voiture, devrait donc avoir encore plus d’impact qu’aujourd’hui (source : cet article). 

Les taxis autonomes représentent donc l’avenir du transport urbain, mais leur introduction s’accompagne de nombreux défis. Pour les entreprises de taxi, la gestion de cette transition sera cruciale. Elles devront anticiper ces évolutions en s’appuyant sur des partenaires assurantiels capables d’offrir des solutions flexibles et adaptées à un environnement de plus en plus numérique et autonome.