Bonsoir la zone, c’est désormais officiel… le transport conventionné n’a plus que quelques mois devant lui !

Le groupe de transport public fait alliance avec deux leaders du secteur. Il veut encore gagner en taille à l’avenir pour optimiser les déplacements des patients.

Keolis étend son champ d’action. Le groupe de transport public, qui se cantonnait il y a encore quelques années à l’exploitation de réseaux de bus et de métros, a annoncé mercredi la création d’une alliance capitalistique avec les numéros un et deux du transport sanitaire en France, les réseaux Intégral et Douillard, pour donner naissance à Keolis Santé.

La nouvelle entité, dont la filiale de la SNCF détiendra 51 % du capital, représente d’ores et déjà avec l’apport des deux partenaires 68 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1.650 salariés et un millier de véhicules.

Avec cet investissement, qui suit qui suit la prise de contrôle de la plateforme VTC ” LeCab ” en 2016 , Keolis prend position sur une autre forme de mobilité appelée à croître fortement à l’avenir. « Le transport sanitaire pèse 4 milliards de chiffre d’affaires, soit autant que le transport urbain hors Ile-de-France », pointe Jean-Pierre Farandou, le président de Keolis. 75 millions de patients sont transportés chaque année, et le vieillissement de la population, ainsi que le développement de l’hospitalisation à domicile, vont tirer ce chiffre à la hausse.

Mutualisation des trajets
Ce marché est toutefois très réglementé. Chaque trajet est subordonné à une prescription médicale ou à la décision d’un hôpital (pour le transfert entre deux établissements). Le médecin fait, pour chaque patient, le choix du mode le plus adapté : transport allongé (par ambulance), ou assis, dans un véhicule sanitaire léger, moins coûteux. Par ailleurs, le nombre de transporteurs agréés est régi par un numerus clausus appliqué département par département. Conséquence, le marché compte pas moins de 5.500 entreprises, un éclatement qui nuit à leur rentabilité comme à l’efficacité globale du système, car les trajets, payés la plupart du temps par l’assurance-Maladie, se font trop souvent à vide.

Keolis veut y remédier en constituant un acteur de grande taille, principalement par le biais d’acquisitions, avec un objectif de 175 millions de chiffre d’affaires en 2021. Au-delà des économies d’échelle, l’objectif est d’optimiser au mieux les courses (l’expertise de LeCab sera précieuse sur ce point), en arrivant notamment à transporter deux, voire trois patients dans un même véhicule sanitaire léger.

Résistance des taxis
Ce cas de figure reste rare aujourd’hui, car une fois le trajet prescrit par un médecin, c’est au patient que revient le libre choix du prestataire. La stratégie de Keolis Santé est de parvenir tout de même à une mutualisation des trajets en rachetant plusieurs acteurs dans une même zone.

Mais la société mise aussi sur une remise en question à terme par l’Assurance-maladie du libre choix du prestataire, une mesure régulièrement évoquée pour faire des économies. Ce qui permettrait à Keolis de négocier des contrats d’ampleur avec les hôpitaux et les caisses primaires d’assurance-maladie. Il faudra composer pour cela avec la résistance des taxis, qui réalisent en province une grande part de leur activité dans le transport de malades, et s’opposent depuis plusieurs années aux tentatives de rationalisation du secteur.